La question de l’exploitation du gaz de schiste a donné lieu à un rare spectacle d’unanimité politique : le PS et l’UMP ont déposé deux propositions de loi, par la voix des présidents des deux groupes et largement cosignées, pour en demander séance tenante l’interdiction… L’urgence était telle que le gouvernement a opté pour la procédure accélérée, permettant l’examen de la proposition de loi UMP dès le 10 mai..
Si l’on ne peut que se réjouir de cette prise de conscience environnementale, on ne peut que s’interroger sur sa soudaineté et sa sincérité. En réalité, deux effets ont joué : l’effet des cantonales et l’effet Fukushima.
L’application et la ferveur avec lesquelles les politiques de toutes les sensibilités s’insurgent contre la production de gaz et de pétrole de schiste soulève donc le doute sur leurs vraies motivations. La palme, en ce domaine, revient sans doute à Jean-Louis Borloo qui, en avril 2010, avait accordé en toute discrétion les permis de prospection pour le gaz de schiste au groupe français Total et l’américain Schuepbach Energy… avant de présenter un an plus tard une proposition de loi visant à interdire leur exploitation.